Jean-François Roubaud veut aussi des mesures fiscales en faveur des PME exportatrices

November 27th, 2012

Celles-ci avaient déjà été énumérées en octobre dernier dans un document publié quelques jours avant la remise du rapport Gallois sur la compétitivité des entreprises françaises intitulé « les 20 mesures de la CGPME pour dynamiser les exportations françaises ». Parmi celles-ci, la mise en place d’un statut de la « Jeune entreprise exportatrice » (JEE) sur le modèle des JEI (Jeunes entreprises innovantes), qui permettrait d’accorder aux entreprises bénéficiaires certains avantages, notamment fiscaux (mesure 7). A ce sujet, Jean-François Roubaud voudrait que les aides versées aux entreprises  françaises soient les mêmes que pour leurs homologues allemandes : « celles-ci bénéficient de l’assurance-prospection pendant cinq ans alors que le délai est de seulement de trois ans pour la France », déclare t-il au Moci.

Enfin, le patron de la CGPME plaide pour un soutien financier des VIE (volontaires internationaux en entreprise). Il propose d’exonérer partiellement de charges sociales (50%) l’embauche définitive d’un VIE en CDI pendant les douze premiers mois (mesure 14) et d’atténuer l’obligation de séjour à l’étranger pour que le statut du VIE devienne une pré-embauche d’un commercial export (mesure 15).

Lettre confidentielle du MOCI n° 35

L’Inspection des finances sonde les PME et ETI sur les aides à l’export

November 19th, 2012

L’équipe de l’Inspection générale des finances (IGF) chargée de travailler sur le volet international de la Banque publique d’investissement (BPI) par Pierre Moscovici et Nicole Bricq a décidé de mener une enquête de satisfaction directement auprès des PME et ETI sur les dispositifs d’aide à l’export existants. Un questionnaire, « strictement anonyme » indique le texte de présentation, a été élaboré. Passés les renseignements habituels sur les caractéristiques de l’entreprise du répondant, il comporte différentes séries de questions simples sur les besoins ressentis par les entreprises sur différents aspects de leur gestion lorsqu’elles exportent, la lisibilité des soutiens publics disponibles, et les produits spécifiques pour l’export proposés respectivement par Coface et Oséo.

Des espaces pour des commentaires sont laissés dans chaque volet du questionnaire. Il vise, précise le texte, à permettre aux entreprises consultées « de faire part de leur retour sur leurs besoins de financement à l’export, sur la couverture de ces besoins par les dispositifs publics et privés, ainsi que sur leur appréciation de l’efficacité et de la simplicité des dispositifs publics ». L’IGF souhaitant toucher un maximum d’entreprises, elle a prévu une diffusion assez large, en s’appuyant sur des relais publics et privés dont le Medef, la CGPME, le Comité Richelieu, l’association Croissance Plus, la mission PME des Douanes, la DGCIS/Dirrecte, Ubifrance, Coface et Oséo.

Voici le lien pour accéder au questionnaire : http://info.lemoci.com/t/95735/2724/11092935/6316/1797

34ème numéro de la lettre confidentielle du MOCI

BPI/ Le volet international se précise

November 19th, 2012

Confirmé par le Pacte Ayrault, le volet international de la future Banque publique d’investissement (BPI) se précise.

La mission confiée à l’Inspection générale des finances (IGF) par Pierre Moscovici et Nicole Bricq pour améliorer les dispositifs de soutiens existants, voire créer de nouveaux mécanismes, n’a pas encore livré ses conclusions et recommandations – elles sont attendues pour la fin de l’année- mais certaines pistes se précisent. Elle comporte, globalement, deux volets : d’une part les dispositifs de soutiens publics destinés aux PME et ETI –l’enquête que vient de lancer l’IFG auprès de ces entreprises entre dans ce cadre- et d’autre part ceux destinés aux grandes entreprises. Pour le premier volet, dans lequel se situe l’enquête que vient de lancer l’IGF (voir ci-dessus), outre la simplification et la rationalisation éventuelle des mécanismes d’ores et déjà proposés par Coface et Oséo, la réflexion porte sur un meilleur accès de cette catégorie d’entreprises à des financements qui pourraient leur manquer en raison de la frilosité grandissante des banques et du coût élevé du crédit pour les PME. D’où le projet, d’ores et déjà défendu par Nicole Bricq, de mettre en place une nouvelle garantie de refinancement des créances export offertes aux banques qui, selon elle, « ont divisé par quatre leur activité de financement des équipements français à l’export » depuis 2009 (interview à latribune.fr du 8 novembre 2012).
Le système de financement public direct que mettra en place la BPI, évoqué dans le Pacte Ayrault, serait d’avantage destiné aux grandes entreprises qui doivent, pour de grands contrats, faire des offres financières à leurs clients, selon les propos de la ministre. Pour cette même catégorie d’acteur, l’extension des garanties export gérées par Coface « pourrait passer de 95 % à 100 % dans l’aéronautique » a aussi précisé Nicole Bricq.

34ème numéro de la lettre confidentielle du MOCI

Développement commercial aux États-Unis : les 10 commandements

October 29th, 2012

Par Sylvie Giret,

Souvent perçus comme un eldorado où tout est facile, les États-Unis sont en réalité un marché très complexe, où beaucoup de PME rencontrent des désillusions parfois très coûteuses. À défaut de recette miracle, ces quelques principes simples devraient permettre à l’entreprise de mettre toutes les chances de son côté pour s’implanter de façon durable et maîtriser son développement.

La France, tu oublieras

Malgré l’indéniable performance de votre société en France, il s’agit de ne surtout pas verser dans le très tentant copier-coller sous prétexte de “ne pas réinventer la roue”. C’est très certainement voué à l’échec et dans tous les cas démotivant pour l’équipe locale, tout particulièrement si elle est composée d’employés américains. L’opérationnelle France doit être une base de formation voire d’inspiration, mais pas un diktat.

Le financement, tu prévoiras

Même si cela semble évident, il est impératif pour l’entreprise de prévoir un financement, non seulement adapté à son projet, mais avant tout disponible, afin d’éviter les ruptures dans le déploiement. L’erreur la plus courante consiste à puiser de façon erratique et sans véritable visibilité dans la trésorerie disponible de la maison mère, ce qui est bien entendu très dangereux.

Ton organisation, tu adapteras

Il est essentiel d’accorder une présence quantitative et qualitative, en alternant des déplacements sur place ponctués d’échanges très structurés à distance. Ceci suppose généralement de réviser son organisation centrale, en passant si nécessaire par un recrutement externe approprié, car l’assistante export qui parle mal anglais, ne travaille pas le mercredi et finit à 17 h n’offre pas à l’équipe américaine une interface efficace.


L’exclusivité, tu refuseras

Ceci s’applique aux entreprises en primo implantation, qui confient d’entrée de jeu l’exclusivité à un distributeur, souvent comme alternative bienheureuse à une présence locale : à quelques rares exceptions près, opacité, inefficacité et frustration seront les seuls résultats. Un distributeur a besoin d’encadrement et de support local, et votre entreprise doit être au plus près de son marché pour en apprendre et en comprendre le fonctionnement.

Les dépenses, tu contrôleras

Dès l’engagement du premier dollar, il est impératif de s’appuyer sur un plan de dépenses détaillé (incluant à la fois le réalisé et le prévisionnel réajusté), assorti d’un budget de trésorerie. Ce plan/tableau de bord est particulièrement important dans la phase de lancement, où les dépenses ont naturellement tendance à glisser, particulièrement lorsque l’on cède à la panique face à des hypothèses de revenu qui tardent à se confirmer…

Le reporting, tu définiras

C’est au management central de définir et de piloter le reporting et les mesures de performances, pas au manager local, tout particulièrement durant la délicate et stratégique période de démarrage. Avant tout parce que c’est un moyen précieux de sentir les tendances et de prendre concrètement les opérations en main.

À la facilité jamais tu ne cèderas

Dans ce pays où tout n’est que bonne humeur et pensée positive, qu’on se le dise : rien n’est en fait si facile… et les affirmations à l’emporte-pièce doivent intriguer plus qu’autre chose : on ne paie pas d’impôt en Floride ? Un distributeur vous fait miroiter des perspectives extraordinairement alléchantes ? Travaillez, creusez, confrontez, encadrez… les États-Unis sont comme un iceberg, avec 90 % de non-dit.

Dans la réalité tu resteras

Pas plus qu’en France les miracles n’existent aux États-Unis… donc écoutez et suivez votre bon sens : un collaborateur ou un distributeur qui plafonne à 10 % de son objectif depuis 6 mois, mais projette invariablement 150 % le mois suivant ? Un VIE en guise de patron des opérations US ? Un réseau d’agents exclusivement rémunérés à la commission ? Couvrir l’ensemble des États-Unis dès le lancement ?… Ni crédible ni réaliste.

Ton image locale, tu soigneras

Achèteriez-vous un produit ou un service à une PME américaine inconnue fraichement implantée en France, représentée par un jeune et sympathique américain qui parle approximativement votre langue et qui s’appuie sur un site internet tout aussi approximatif ? Non et l’inverse est tout aussi vrai. Sans parler de la nécessité d’une présence locale solide (à défaut d’être pléthorique), responsabilité légale oblige.

Une formation, tu suivras

À moins que vous ne soyez déjà complètement bilingue et biculturel, investissez dans deux sessions de formation ciblées : formation culturelle et formation aux fondamentaux de l’environnement administratif local. Ce que vous y couvrirez en quelques heures vous épargnera pas mal d’erreurs. Et pensez à votre niveau d’anglais, car ce qui passe bien en vacances se retournera contre vous en affaires.

http://lecercle.lesechos.fr/entrepreneur/developpement/221155164/developpement-commercial-aux-etats-unis-10-commandements

Nicole Bricq bouleverse le dispositif de soutien au commerce extérieur

September 13th, 2012

Nicole Bricq, ministre du Commerce extérieur, a présenté aujourd’hui 13 septembre en conseil des ministres une partie de son plan d’action. Un plan plutôt radical pour le dispositif de soutien au commerce extérieur, car il met fin au leadership d’Ubifrance et des chambres de commerce pour mener la mobilisation des PME à l’export et donne le rôle central aux régions, avec l’appui de la future Banque publique d’investissement. Dans un entretien exclusif dont l’intégralité sera publiée dans Le Moci du 20 septembre, Nicole Bricq détaille sa stratégie et explique pourquoi elle met ainsi fin à la carrière de l’ex. « équipe de France de l’export ».

Le Moci : Le plan d’action export que l’on attend pour octobre sera-t-il un de plus ? Que préparez-vous de nouveau ?
Nicole Bricq : J’ai présenté une stratégie au Premier ministre, la veille du conseil des ministres de rentrée, avec un objectif chiffré qu’il a ensuite fixé au gouvernement : ramener la balance du commerce extérieur hors énergie à l’équilibre d’ici cinq ans, ce qui représente un effort de 26 milliards d’euros. C’est un objectif ambitieux mais qui est à notre portée. Cela implique d’avoir, chaque année, 2 % de plus d’export que d’import.
Comment s’y prendre ? Le commerce extérieur de la France fin 2011 c’est 430 milliards dont 30 milliards pour les grands contrats et 400 milliards pour le commerce courant, dans lequel vous avez des secteurs excédentaires et des secteurs déficitaires. Soit vous doublez les 30 milliards de grands contrats, mais ce sont de gros projets d’infrastructures ou d’équipements, parfois politiques, qui sont longs à voir le jour ; soit vous jouez sur les 400 milliards de commerce courant.
On fera sans doute un peu des deux mais cette dernière partie est intéressante parce que c’est là que nous avons notre objectif numéro 1 qui va se décliner en priorités d’action en octobre : les PME et ETI. C’est dans la masse du commerce courant qu’elles se situent essentiellement, même si l’on sait que les filières qui font les grands contrats comme l’aéronautique ou le nucléaire font travailler de nombreuses PME et ETI.

Le Moci : On peut se réjouir d’avoir un ministre de plein exercice au Commerce extérieur mais ces dernières semaines, tout le monde s’est emparé de ce sujet : M Moscovici, M. Montebourg…et même M Fabius. Etes-vous la vraie patronne du Commerce extérieur ?
Nicole Bricq : En tout cas je me sens comptable de l’objectif qu’a fixé le Premier ministre. Mais le message que je veux faire passer, c’est que je n’y arriverai pas toute seule. Il y a des choses que moi je dois faire, car elles dépendent de mon autorité, et il y en a d’autres qui doivent être faites par mes collègues ministres, avec mon aide. C’est pour cela que je parle souvent du pack économique du gouvernement.

Le Moci : Quels sont les premières priorités qui se dégagent ?
Nicole Bricq : Là où on peut aller vite et fort ! La première priorité d’action, c’est la structuration des filières à l’export, avec grands groupes, moyens, petits, etc. J’y travaille avec mon collègue Arnaud Montebourg (ministre du Redressement productif). Il faudra faire cette démarche de structuration y compris dans des filières nouvelles et innovantes.

Le Moci : Cette approche filière va être couplée avec une approche marché…
Nicole Bricq : J’ai commandé une étude au Trésor qui me permettra de coupler ce travail sur les filières et leurs réseaux, donc sur l’offre commerciale française, avec un travail sur les besoins des pays. Tout ne pourra être fait d’un coup, cela prendra du temps. Il s’agit de voir, de la façon la plus rationnelle possible, à la fois là où on peut faire progresser l’offre commerciale, en s’appuyant beaucoup sur les ETI, et dans quels pays les besoins sont le mieux identifiés et les plus rapides à satisfaire (…)
Inter : “Pour moi, le pilote ou le chef de file, -appelez le comme vous voulez-, ce sont les régions”.

Le Moci : Comment comptez-vous organiser la mise en œuvre du plan d’action ?
Nicole Bricq : Pour tout ce qui concerne les grands contrats, c’est plutôt au niveau central que cela se passera, quoiqu’on puisse envisager que cela se fasse en relais avec les régions. Mais c’est avec les PME et ETI qu’on a un gros facteur de progression en nombre et en capacité d’exporter. Il y a un gros travail à faire pour les accompagner vers l’export et faire en sorte qu’elles y restent.
Un gros effort d’organisation est à fournir en amont –et je ne le ferai pas toute seule- pour bien identifier les entreprises qui ont des potentialités d’exportations et leur apporter, en face, les financements qui correspondent à leur taille et à leurs besoins. Et c’est là où les régions ont un rôle à jouer. Je compte beaucoup m’appuyer sur les régions. Puisqu’elles ont déjà la compétence du développement économique, je milite pour qu’elles aient la compétence sur l’innovation et sur les décisions d’investissement en fonds propres. D’où l’intérêt pour moi que la Banque publique d’investissement (BPI) ait dès le départ la fonction export dans son objectif. C’est très important.

Le Moci : Que vont devenir les chartes régionales signées par votre prédécesseurs
avec un certain nombre de présidents de régions ?
Nicole Bricq : Ce n’est pas parce qu’on signe une charte qu’on a avancé. Il y a beaucoup d’intervenants sur le territoire français, c’est confus. Les PME, PMI, ETI ne s’y retrouvent pas. Il faut donc bien clarifier le paysage, il faut qu’il y ait un pilote. Pour moi, le pilote ou le chef de file, -appelez le comme vous voulez-, ce sont les régions. Pourquoi ? Parce qu’elles connaissent bien le tissu productif, elles ont des agences de développement économique, elles soutiennent l’innovation, elles financent les pôles de compétitivité et elles ont cette vision de leur territoire. A elles d’organiser les acteurs de l’export, l’essentiel c’est que les entreprises s’y retrouvent.
(inter) : “Il faut que l’entreprise trouve auprès de la BPI un interlocuteur qui l’oriente vers les solutions dont elle a besoin”.

Le Moci : Quel serait, pour vous, le rôle de la BPI en matière d’export ?
Nicole Bricq : La BPI aura un volet export c’est à dire des financements adaptés aux besoins des entreprises, tant en fonds propres, qu’en crédits innovation et en crédits courants. Je pense aussi que cette banque doit avoir une capacité d’expertise, de conseil et d’accompagnement. Dans les régions, où sa présence sera assurée par ce qu’on appelle les « comptoirs unifiés », il me paraît important qu’il y ait ce volet export et quelqu’un d’identifié pour conseiller les entreprises.

Le Moci : La BPI va-t-elle reprendre les dispositifs gérés jusqu’à présent séparément par Coface et Oséo ?
Nicole Bricq : ce qui est sûr, c’est qu’elle va les distribuer. Si on veut être opérationnel assez vite, on n’a pas tellement le temps, une fois que la loi sera formalisée et votée, de se lancer dans de grandes réformes. Il faut regarder s’il n’y a pas de redondances. Par exemple en matière d’aide à la prospection, Oséo et Coface ont deux produits un peu concurrents : un financement aux primo exportants pour l’un, l’assurance-prospection pour l’autre. Il serait peut être plus malin d’en avoir un seul. Il faut aussi trouver le produit adéquat pour les ETI. Et puis il y a Ubifrance qui a aussi un produit d’accompagnement à l’export. Il faut regarder notre gamme actuelle et faire en sorte qu’elle s’étende. Ce qu’il faut, c’est que l’entreprise trouve auprès de la BPI un interlocuteur qui l’oriente vers les solutions dont elle a besoin.

Le Moci : le « comptoir unifié », c’est un peu le « guichet unique » que votre prédécesseur avait tenté et qui devait mettre fin à la multiplicité des chapelles…
Nicole Bricq : Ce que l’entreprise veut, c’est la bonne porte d’entrée, le bon conseil, le bon produit.

” La boutique France ne peut pas se payer le luxe de querelles de territoires.”

Le Moci : Et l’accompagnement à l’international ?
Nicole Bricq : Un chiffre m’interroge beaucoup : sur 100 entreprises nouvellement exportatrices, on en retrouve que 30 l’année d’après. C’est là où il faut agir en aval… Ubifrance, opérateur de l’Etat, accompagne à l’étranger les entreprises, nos services économiques régionaux aussi : il faut que cet accompagnement se fasse dans la durée (…)

Le Moci : Comment voyez-vous la clarification entre les missions d’Ubifrance, celles des chambres de commerce à l’étranger, voire les missions des structures privées de conseil…
Nicole Bricq : A l’extérieur on a le même problème qu’à l’intérieur : on a pas mal d’acteurs, dans certains pays ils se marchent sur les pieds et dans d’autres, il n’y a personne. Moi, je ne peux travailler que là où j’ai un périmètre. Ubifrance, c’est dans mon périmètre, c’est pour cela que le couplage offre commerciale/pays est très important car il va nous permettre de réorganiser un peu nos forces (…) Et pourquoi pas, là où c’est une chambre de commerce qui fait très bien le boulot, on fera en sorte qu’elle ait une délégation de service publique. C’est l’efficacité qui doit primer. La boutique France ne peut pas se payer le luxe de querelles de territoires.

Le Moci : vous avez déclaré être favorable à ce que la BPI fasse du financement export, c’est-à-dire finance non pas les entreprises exportatrices en directe mais les clients de ces entreprises. Il y a eu un retrait des banques françaises de ce type de financement. Est-ce une réponse à cette réalité ?
Nicole Bricq : Oui, c’est une nécessité. La banque est un milieu que je connais bien. J’étais tout à l’heure avec mon homologue anglais, Lord Green. Vous connaissez les Anglais, leur appétence pour la finance et la banque. Pourtant, ils veulent créer une banque publique d’investissement. Je lui ai demandé pourquoi. Et il m’a expliqué un constat que je partage. Avec les règles Bâle III et les ratios prudentiels qui deviennent plus élevés, avec la crise financière, le modèle économique des banques va changer. Cela ne veut pas dire que les banques privées ne financeront plus les entreprises, mais peut être vont-elles se concentrer sur les entreprises qui pourront avoir accès au marché financier. Il faut vraiment que les PME et ETI aient un outil qui leur soit dédié (…).

La lettre confidentielle du MOCI, Jeudi 12 septembre 2012 – Numéro 25 édition spéciale

Nicole Bricq, ministre du Commerce extérieur, compte sur les grandes entreprises pour aider les PME à exporter

September 7th, 2012

Par Carine Guicheteau,

Parmi les pistes avancées par Nicole Bricq, ministre du Commerce extérieur, pour atteindre l’équilibre de la balance commerciale française, nombreuses sont celles qui s’appuient sur les grands groupes : portage et portage “ascendant”, contrat de génération entre entreprises… Présentation.

Objectif de Nicole Bricq, ministre du Commerce extérieur, pour le quinquennat ? Le retour à l’équilibre de la balance commerciale française, hors énergie. C’est ce qu’elle a annoncé lors de la XXe Conférence des ambassadeurs, le 28 août 2012.

Pour ce faire, la stratégie de celle qui se présente comme la “ministre de la performance commerciale” repose sur trois priorités, tournées vers les entreprises :

1. leur permettre de concourir à armes égales dans la compétition internationale, via des financements export compétitifs ;

2. la ministre concentrera son action et ses moyens sur la base d’une étude qu’elle a commandée à la Direction générale du Trésor. Cette étude devra identifier les couples produits/marchés où le potentiel d’exportations est sous-utilisé et où les gains à attendre d’une mobilisation collective sont les plus forts ;

3. enfin, l’offre commerciale “France” sera rassemblée et structurée.

La ministre croit fortement à la chasse en meute. Oups, non, c’est une expression qu’elle n’aime pas, tout comme “équipe de France de l’export”. « Elles revoient à des expériences passées qui ont coïncidé avec notre défaillance à l’export et à des
initiatives de nature institutionnelle », estime-t-elle. Bref, elle croit au regroupement des entreprises.

« Quand nos PME se regroupent, elles sont moins petites. Elles peuvent partager des ressources mais aussi étoffer leur offre commerciale en jouant de leur complémentarité technologique, comme j’ai pu le voir avec la très belle expérience du réseau francilien d’écotechnologie Durapole. J’encouragerai ces regroupements. » Tout comme le portage à l’export. « Nos grandes entreprises devraient se sentir obligées : l’action publique a beaucoup fait pour qu’elles deviennent des championnes nationales, puis internationales ; nous continuons à intervenir à leurs côtés via le CIR, les pôles, les investissements d’avenir et puis à l’export à travers Coface ou notre diplomatie économique. Il y a des tentatives pour avancer dans cette direction, par exemple le Pacte PME international. Je sais qu’il y a ici de belles histoires à raconter. Pourtant, globalement, cela ne marche pas assez : 26 grands groupes impliqués dans l’initiative alors qu’il y a plus de 210 grandes entreprises recensées par l’Insee, 150 PME par an qui bénéficient d’un appui d’une grande entreprise… C’est très peu. »

La ministre du Commerce extérieur a donc présenté quatre pistes concrètes :

- le partage de compétences internationales, en réfléchissant à un contrat de génération entre entreprises : un cadre expérimenté d’une grande entreprise qui mettrait son expertise internationale au service d’une jeune entreprise ;
- la mobilisation des grands réseaux de distribution à l’étranger, qu’elle rencontrera prochainement ;
- travailler autour des fonds d’investissement mis en place par les grandes entreprises pour prendre des participations dans des PME ;
- miser sur les grandes entreprises étrangères implantées en France. Via un portage “ascendant”, de la filiale en France vers la maison mère à l’étranger ou le réseau international, en ouvrant des portes ou en recommandant leurs fournisseurs français.

http://www.chefdentreprise.com/Breves/Nicole-Bricq-ministre-du-Commerce-exterieur-compte-sur-les-grandes-entreprises-pour-aider-les-PME-a-exporter-48050.htm?ThemeID=26&SousThemeID=95

Impôt sur les sociétés : pas de coup de pouce pour les PME

September 7th, 2012

Par Cécile Crouzel

Le gouvernement aurait renoncé à mettre en œuvre dans le projet de Budget pour 2013 la modulation de l’impôt sur les sociétés en fonction de la taille des entreprises.


C’était une des promesses de campagne de François Hollande: faire varier davantage le taux de l’impôt sur les sociétés (IS) en fonction de la taille des entreprises, c’est-à-dire accorder un taux faible à davantage de PME, un taux moyen aux sociétés de taille intermédiaire et frapper d’un taux élevé les grands groupes. Cette modulation du taux de l’impôt sur les sociétés en fonction de la taille de l’entreprise ne ferait pas partie du projet de loi de finances pour 2013. La mesure serait renvoyée à plus tard.

En effet, le gouvernement craint que cette modulation soit coûteuse pour les finances publiques. En théorie, le système doit être équilibré, la perte fiscale occasionnée par le faible taux d’IS accordé aux PME étant compensée par le gain obtenu grâce à la taxation plus forte des grandes entreprises. Mais une erreur de calibrage est vite arrivée! Le gouvernement aurait préféré ne prendre aucun risque.

Le gouvernement préférerait également ne pas toucher aux deux impôts remplaçant la taxe professionnelle: la CVAE (cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises) et la CFE (cotisation foncière des entreprises). Là aussi, il s’agirait d’un renoncement par rapport au programme de campagne. Concrètement, le dégrèvement de CVAE en faveur des PME serait maintenu, alors que le programme PS prévoyait sa suppression. Concernant la CFE, le programme prévoyait d’instaurer une réduction en cas d’investissement. Cet avantage ne serait pas mis en place.

http://www.lefigaro.fr/impots/2012/09/06/05003-20120906ARTFIG00571-impot-sur-les-societes-pas-de-coup-de-pouce-pour-les-pme.php

Les ventes sur mobile explosent aux Etats-Unis et en Europe

August 31st, 2012

Par Bruno Askenazi,

Une étude européenne annonce le décollage des ventes sur mobile. Une tendance déjà amorcée aux Etats-Unis.

Les consommateurs américains achètent de plus en plus depuis leurs téléphones portables ou leurs tablettes. C’est l’un des principaux enseignements de l’étude IBM Retail Online Index. Plus précisément, les ventes sur mobiles auraient augmenté de 15 % au deuxième trimestre par rapport au premier trimestre. Désormais, le commerce sur mobile (m-commerce) représente 15,1 % des achats en ligne aux Etats-Unis. Une tendance que devrait suivre l’Europe avec quelques années de retard. A en croire une étude du cabinet Forrester, les revenus de l’e-commerce mobile en Europe devraient bondir de 1,4 milliard d’euros en 2011 à 19,2 milliards en 2017 (dont 3,1 milliards en France). Soit de 1 à 6,8 % du total des ventes enregistrées sur le web. Quant au nombre d’acheteurs européens sur mobile, il devrait passer dans le même temps de 7 à 79 millions, soit près de la moitié des possesseurs de portables.

Les ventes sur les réseaux sociaux ne semblent pas suivre le même chemin. Aux Etats-Unis, elles ont reculé de 20 % entre le premier et le deuxième trimestre 2012, selon l’étude IBM. La chute des transactions sur ces plates-formes s’expliqueraient, d’après le géant informatique, par « l’incapacité à créer un consensus clair sur la façon d’utiliser les canaux sociaux ». Finalement, ces réseaux ne sont pas perçus comme des lieux de consommation. L’étude souligne d’ailleurs une baisse des opinions positives des consommateurs à leur égard passant de 25,1 % au premier trimestre à 18,6 % au deuxième trimestre.

http://entrepreneur.lesechos.fr/entreprise/developpement/actualites/les-ventes-sur-mobile-explosent-aux-etats-unis-et-en-europe-10021095.php

L’international dope les start-up du numérique

August 12th, 2012

Par Bruno Askenazi,

En ces temps de crise, les starts-up du numérique connaissent une croissance insolente. C’est ce qui ressort de l’étude Ernst&Young/France Digitale* réalisée auprès de 108 entreprises financées par le capital risque. Le chiffre d’affaires 2011 du panel affiche une hausse globale de 33 % par rapport à 2010, soit environ 1 milliard d’euros contre 753 millions. Dans le même temps, les effectifs ont bondi de 24 %. « Une croissance portée par un fort développement à l’international » pour ces starts-up qui réalisent 39 % de leur activité en dehors de France.

Créatrices d’emplois durables « avec 87 % de CDI auprès des jeunes » (32 ans en moyenne), ces PME digitales se distinguent aussi par un meilleur partage de la valeur. 83 % d’entre elles déclarent en effet avoir recours à des instruments de capital, et en particulier aux BSPCE (Bons de parts de créateur d’entreprise). L’écart entre le salaire des dirigeants et celui de leurs salariés (2,6 en moyenne) serait également plus réduit que dans la plupart des entreprises.

Les dirigeants des sociétés sondées ont en moyenne 42 ans. Mais ce sont de nouveaux entrepreneurs pour 62 % d’entre eux. Les entreprises prometteuses qu’ils pilotent n’ont que 7 ans d’existence en moyenne.

Statut « Jeune Entreprise Innovante », Crédit Impôt Recherche, soutien Oséo, ces starts-up bénéficient largement de tous ces dispositifs qu’« il apparaît plus que jamais primordial de pérenniser et d’élargir », selon les auteurs de l’étude.

*Lancée le 2 juillet 2012, France Digitale est l’association paritaire des starts-up et capitaux-risqueurs pour le développement de l’écosystème de l’innovation numérique.

http://entrepreneur.lesechos.fr/entreprise/developpement/actualites/l-international-dope-les-start-up-du-numerique-10020584.php

Commerce international, connaître les cultures locales est stratégique !

August 12th, 2012

Par Thomas Ka,

Moyen-Orient, Asie, Inde… à l’étranger, les business manners sont différentes et les maîtriser est un atout majeur pour négocier un marché. Pour l’entreprise, comme le commercial, qui souhaitent s’ouvrir aux marchés internationaux, les s’y former est impératif.


Partiriez-vous en Asie ou au Moyen-Orient sans votre ordinateur ou vos cartes de visite ? Iriez-vous à un rendez-vous avec un client sans vous renseigner sur lui ? sans préparer un discours commercial ? Monter à l’assaut du marché international sans connaître les règles qui régissent les relations économiques, sociales et culturelles de la zone que vous visez revient exactement à la même chose. Avec à la clé, impairs, contresens, contre-performances garantis.

Comprendre son interlocuteur est une force de vente

Chaque continent, et parfois chaque pays, dispose de règles de savoir-vivre auxquels vous serez confrontées dès la première rencontre. Comment saluer ? Comment donner sa carte de visite ? De quoi parler ou ne pas parler ? Comment répondre à une invitation ? Voici une très courte liste de questions qui sont autant de pièges tendus sur le parcours du commercial.

Des pièges qui nuisent à la négociation commerciale qui joue sur les forces et les faiblesses des interlocuteurs, mais repose aussi sur le respect. Ainsi, les codes d’un dîner d’affaires, en Asie et plus précisément en Chine ou au Japon, seront-ils très différents de celui organisé à Dubaï.

La connaissance de l’autre ne se limite pas aux règles de savoir-vivre et des business manners. Comprendre les ressorts d’une culture, l’histoire d’un pays vous aidera dans vos négociations commerciales. Savoir citer un événement historique ou culturel vous valorisera aux yeux de votre interlocuteur. De manière plus terre-à-terre, la certitude de ne pas commettre d’impair vous libérera pour développer pleinement le potentiel de votre stratégie commerciale.

Se former aux business manners internationales pour mieux vendre

Pour un commercial français, évoluer vers l’international demande d’acquérir de nouvelles compétences. La première est évidemment de maîtriser une nouvelle langue, en plus de l’anglais, indispensable.

Cette évolution vers un poste à compétence internationale doit s’accompagner de connaissances additionnelles. Connaître la zone géographique, l’histoire, le contexte politique, les coutumes est important  comme s’informer sur  les règles qui organisent la vie sociale et professionnelle. S’il est possible d’apprendre ces dernières « sur le tas », une formation est préférable. Formation qui vous aidera non seulement à mieux vendre sur les marchés étrangers, mais aussi  à développer vos réseaux avant même d’investir le Moyen-Orient, l’Amérique du Sud, l’Afrique ou l’Asie.

http://lecercle.lesechos.fr/entrepreneur/developpement/221150898/commerce-international-connaitre-cultures-locales-est-strategiq